2017 sous le signe de la bienveillance (enfin !)

Je n’ai jamais tenu mes « bonnes » résolutions du nouvel an. Mais justement, étaient-elles si bonnes que ça ? 

J’ai été, à une époque, très bercée par cette croyance que « cette année, c’est la bonne » ! Que ce soit en janvier ou au moment de la rentrée scolaire, j’éprouvais toujours assez vivement le sentiment de renouveau véhiculé par le changement d’année ou le passage dans une nouvelle classe, voire même par l’arrivée du printemps. Et pour moi, renouveau était égal à liberté, et nouvelle façon de pouvoir mener ma vie. Donc, je prenais de bonnes résolutions pour me rapprocher d’un idéal fantasmé et inatteignable de la personne parfaite. Quand j’y repense, je me donne un peu l’image d’une droguée permanente à l’idée d’une autre moi, le tout alimenté par une bonne consommation de magazines féminins et par les injonctions de la société sur ce qu’est une femme parfaite et ce qu’est réussir sa vie.

« Maigrir », « faire disparaître mon acné », « ne plus être timide », « faire du palper-rouler tous les jours pour virer cette cellulite », « revenir au poids de ma seconde » (oui oui, le poids de mes 13 ans, j’y ai cru…), « arrêter de manger ci et ça »…

Les différentes idées de résolutions s’imbriquent plus ou moins bien, avec l’idée que si je pouvais avoir un meilleur contrôle sur mon corps et mon apparence, je serais automatiquement plus ouverte avec les autres, etc. Avec des conséquences plus ou moins prévisibles : à hésiter entre moi et mon fantasme, je ne savais par exemple plus ce que j’aimais. Exemple choisi : au moment de choisir la couleur d’un haut dans un magasin, j’hésitais entre ce que moi et ce que mon moi des bonnes résolutions voulait, et à ne plus savoir qui était qui et qui voulait quoi.

Si quelque chose allait mal dans ma vie, si j’étais insatisfaite, je me projetais dans quelques mois dans ce nouveau cycle, où je serais différente, où ma vie serait différente car j’aurais enfin tenu mes bonnes résolutions.

Bien sûr, je suis toujours restée la même, mais en toujours plus confuse et plus déçue par moi-même, car ces résolutions étaient impossibles à tenir.

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Easy peasy, lemon squeezy

Il y a quelques années, j’ai eu la présence d’esprit d’arrêter de prendre des résolutions. Mais bien sûr l’image fantasmée que je voulais atteindre était toujours en permanence présente dans ma tête. Puis il y a un peu plus d’un an maintenant, j’ai fini un contrat de travail et un diplôme complètement en plein burn-out sur les rotules. J’ai passé un an en pleine tempête intérieure, et cette fois ci je pense que ça s’est plutôt bien vu à l’extérieur ! Et je peux dire que c’est cette année là où je me suis le plus déçue, car j’étais bien loin de la personne que j’imaginais être un jour, quand j’étais jeune et que je m’imaginais grande et salariée. Et cette idée me faisait toujours plus de mal, et c’était un cercle vicieux.

Cette année j’ai pris du temps pour moi. Et avec cette nouvelle année et les gens qui se lancent des défis et des résolutions, je me rends compte que les miennes étaient toujours dures envers moi, voire malveillantes. Des résolutions pareilles (Maigris ! Sois plus ci ! Comme ça ! Change !) sont des coups de bâtons que l’on s’inflige au moindre faux pas. Sauter une séance de sport car on est fatigué.e n’est plus quelque chose d’anodin, ça devient une vraie plaie et un vrai reproche qu’on va se faire le reste de la journée et de la semaine. Pareil pour manger un paquet de chips, boire un peu trop, se resservir, rester dans son coin à une soirée (et se repasser le film tout le week end en imaginant comment ça aurait pu se passer si on avait été plus ci ou moins ça), etc. C’est au bout du compte très fatigant. Le cerveau n’a plus un moment de repos, on s’en veut en permanence.

Alors, pour cette nouvelle année, j’ai décidé de me mettre à une bonne résolution : la bienveillance ! Envers les autres c’est bien, mais envers soi c’est mieux ! Et je décide de commencer dès maintenant. Pas à ma rentrée, pas au printemps, pas en septembre quand je pense que ça ira mieux et que ce sera plus facile, pas quand j’aurai une situation financière plus stable. Maintenant, là, tout de suite ! J’ai même déjà commencé ! C’est difficile, les vieux réflexes d’auto-flagellation à la moindre imperfection ont la peau dure, mais je décide peux le faire !

Sur un tout autre sujet, Emma Watson dans son premier discours pour le mouvement He for She a dit une phrase qui a du me marquer car elle me revient en tête à l’écriture de cet article : « If not me, who ? If not now, when ? ». Mais oui après tout, j’ai 27 ans, qu’est ce que j’attends à la fin ?

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Pas trop tôt !

Alors cette année, ma seule résolution est la bienveillance envers moi même. Se forcer parfois à faire des choses parce qu’on a une petite flemme passagère ou qu’on veut atteindre des objectifs, c’est bien. Le faire dans le but d’atteindre un idéal erroné, en étant dur.e envers soi, en se disputant et en dégradant l’image qu’on a de soi, non. Moins me forcer, pratiquer des activités qui me font du bien plutôt que faire les choses parce que j’ai décidé, contre moi, qu’il le fallait. Et si je ne fais pas tout ce que j’avais prévu, et bien je sais que j’aurais quand même fait de mon mieux, et donc que ça ne sert à rien de m’en vouloir pour ça ! Et oui, j’ai changé d’orientation, je me lance dans le flou et parfois les gens me regardent avec de gros yeux en ne comprenant pas, et je doute. Et alors ? Cette nouvelle vie me plaît, je veux essayer, et cette fois ci je refuse de me donner des coups de bâtons avant d’avoir essayé !
Voilà comment je vais essayer de vivre 2017 !

Et vous ?

 

Crédits photos : Pixabay

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2 commentaires sur « 2017 sous le signe de la bienveillance (enfin !) »

  1. Au final en lisant ton article je me dis que c’est quelque chose que j’applique depuis toujours, je ne me rappelle pas avoir pris une seule bonne résolution (à part peut-être « me tenir plus droite cette année »…). Je pense que comme tu le dis le plus important c’est d’être bienveillant envers soi, en particulier au travail. Je vois souvent des amis et des collègues stressés parce qu’ils auraient dû rendre un travail le jour j et qu’ils n’ont pas réussi, qu’ils sont mauvais etc… du coup je leur demande si ils ont glandés, si ils ont mal travaillé, si ils n’ont pas fait leur maximum et le plus souvent la réponse est que non ils ont tous fait pour y arriver. Je leur fait donc remarquer que peut-être simplement que leur tâche n’était pas réalisable, indépendamment d’eux. et ça se termine souvent par un « oui tu as raison » mais pour autant ils continuent à penser qu’ils n’ont pas été à la hauteur. Et effectivement si ils étaient juste un peu plus bienveillant envers eux ils seraient probablement plus heureux, c’est donc une très bonne résolution !

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    1. Oui c’est exactement ce problème là que j’ai eu dans mon ancien travail, et j’avais une gentille collègue comme toi qui essayait de me faire relativiser, mais elle a changé de poste un an avant la fin et ça a été très dur ! J’admire ton calme et ta façon de relativiser en tous cas, il faut absolument que j’applique ça dans le futur, car il est hors de question de revivre un burn out !

      Aimé par 1 personne

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